Art brut, psychose et médiumnité

Michel Thévoz
Paris : Ed. de la Différence, 1999
ISBN 2729112677
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Public cible: général

Approche: psychiatrique

Problématique:

Support: livre

Langue: français

Qu’attend-on de l’art? De l’inattendu, précisément. Mais qui suscite une adhésion subtile, intime, peut-être angoissante- ce que Freud a appelé le sentiment d' »inquiétante étrangeté ». L’espace de l’art est ou devrait être affranchi des critères de réalité, de moralité, de rationalité et de beauté. C’est alors seulement qu’il se prête à l’émergence de potentialités psychotiques mises en latence depuis l’enfance. Or, le système des Beaux-Arts, plus que jamais assujetti à des courants et à des pressions publicitaires, n’est pas propice à de telles aventures intérieures.
Aux antipodes de la « culture des cultivés », l’Art Brut, issu des hôpitaux psychiatriques du début du siècle, des asiles de vieillards, des cercles spirites regroupant les victimes de l’exode rural, bref les ghettos de la société occidentale, procède essentiellement de la psychose et de la médiumnité. Celles-ci peuvent être envisagées comme les paradigmes grossissants des ressorts les plus intimes de la création d’art. Tel est le propos du présent essai, qui évoque également les moments décisifs de l’habilitation artistique de la folie et de la médiumnité, notamment le rôle joué par certains psychiatres dissidents, par les surréalistes et par Jean Dubuffet.